Where health and care meet

Month: February 2020 (page 1 of 1)

Est-ce qu’on peut apprendre l’empathie ? Une aptitude fondamentale

Pour développer la réponse à cette question, nous devons d’abord établir le concept d’  « empathie ». Qu’est-ce que l’empathie ? Elle est définie comme la « capacité à comprendre et à partager les sentiments de l’autre », il s’agit donc essentiellement de se mettre à la place de l’autre et d’essayer de ressentir ce que cette personne vit, de partager ses émotions et ses sentiments. Parlant d’empathie dans le domaine médical, il s’agit de la reconnaissance et de la validation des craintes, de l’anxiété, de la douleur et des préoccupations du patient. En ayant cette capacité de comprendre les sentiments du patient, il sera plus facile de trouver un diagnostic précis et la bonne forme de traitement. Par rapport à la relation médecin-patient, il s’agit d’une valeur, une attitude et une compétence qui a été appelée la quintessence de l’art de la médecine.

L’empathie est une valeur que nous devrions adopter en tant qu’êtres humains en général juste pour éviter l’arrogance et l’égoïsme, cependant, c’est sans aucun doute un ingrédient essentiel de la relation médecin-patient, infirmière-patient, soignant-patient. Car c’est une façon de dire à votre contrepartie que vous comprenez ce qui se passe et que vous n’êtes pas dans une position « plus favorisée », mais que vous comprenez et rejoignez son sentiment. Ce sentiment d’empathie et de compassion sera toujours utile aux patients, et sera probablement un élément important dans leur approche de leur maladie.

Pourquoi l’empathie est-elle importante ? 

Voir un patient, ce n’est pas seulement prendre ses antécédents médicaux, examiner ses signes et ses symptômes, mais un bon médecin doit faire preuve d’empathie envers son patient. L’empathie implique une connexion et une compréhension qui inclut l’esprit, le corps et même l’âme. L’empathie aide le médecin à imaginer et à comprendre ce que le patient ressent. C’est la meilleure façon de ressentir ce qui nous est commun en tant qu’êtres humains. Des recherches ont montré que l’empathie et la compassion sont associées à une meilleure observance des médicaments, à une diminution des cas de faute professionnelle, à une réduction des erreurs et à une plus grande satisfaction des patients.  

Dans un article publié sur Internet en 2018 intitulé «In pursuit of Empathy » (En quête d’empathie), la spécialiste du domaine Cyntia Clark éclaircie plusieurs points clés pour comprendre un peu mieux ce sujet. 

Ses propos nous invitent à réfléchir sur l’empathie des médecins et surtout des infirmières, qui semblent ces derniers temps étrangers et éloignés des sentiments et des préoccupations des patients. Cette question est née lors d’une conférence sur les soins infirmiers à laquelle Mme Clark a assisté, à laquelle elle a répondu avec la question suivante: l’empathie peut-elle être enseignée et donc apprise?

L’empathie est-elle née ou faite ? Comment être empathique ? 

Rappelons que l’être humain apprend souvent par la répétition. Il est important que les référents de l’étudiant/résident aient une capacité empathique adéquate qu’ils puissent imiter et reproduire, et que d’autre part ils lui accordent suffisamment d’importance dans le processus d’assistance. Une attitude distante de la part des tuteurs, le mépris du patient et de ses sentiments et opinions, et l’ignorance de la partie émotionnelle de la relation médecin-patient peuvent conduire à l’extinction progressive du niveau initial d’empathie, ou du moins ne pas le développer suffisamment. Malheureusement, il n’est pas habituel que cette compétence soit prise en compte lors de l’évaluation de la formation d’un professionnel.

Il y a plus de 20 ans, deux Canadiens, Yves Gineste et Rosette Marescotti, ont créé la méthode Humanitude, qui est une philosophie de soins qui croit fermement que les résidents des maisons de retraite ou les patients doivent être traités avec respect, humanité et empathie. La philosophie est basée sur quatre piliers fondamentaux: le regard, la parole, le toucher et la verticalité. Aujourd’hui, cette méthodologie s’est développée dans de nombreux pays européens tels que la France, la Belgique, la Suisse, le Portugal et l’Allemagne, et dans certains pays asiatiques comme le Japon, avec un succès retentissant grâce à des instituts et des ateliers d’enseignement. En bref, la philosophie Gineste-Marescotti est l’exemple parfait que l’empathie est une valeur qui peut être enseignée, donc, être apprise.

Clark précise que pour les infirmières, l’empathie doit être intégrée dans notre pratique quotidienne et qu’il existe plusieurs moyens d’améliorer notre capacité d’empathie. L’un des moyens les plus efficaces de comprendre d’où vient une autre personne est de lui demander. Montrer un intérêt réel et demander aux autres de partager leurs pensées, leurs sentiments, leurs perceptions et leurs expériences est l’un des moyens les plus efficaces et les plus directs de développer l’empathie et la compréhension.

D’autres façons de faire preuve d’empathie :

  • Saluer, se présenter et demander au patient ce qui ne va pas
  • Se montrer tranquille
  • Être amical et sourire sincèrement
  • Pratiquer l’écoute active
  • Faire preuve de sens des responsabilités
  • Être à l’écoute des préoccupations des patients et comprendre leur personnalité
  • Dire ce qui est nécessaire et s’expliquer de manière intelligible, en évitant les technicismes
  • Appeler le patient par son nom
  • Evaluer, avec le dialogue, ce que le patient veut et ne veut pas savoir sur sa maladie
  • Appliquer la règle des trois C : Communication, Comprendre et Confiance. 
  • La relation médecin-patient doit être basée sur : L’intégrité, Équité et Respect de la personne.

Pour être empathique, il faut savoir écouter pour comprendre l’état émotionnel et les besoins des autres et partager sincèrement ses pensées, ses sentiments et ses idées. Sans aucun doute, le défi que doivent relever de nombreux soignants est de faire preuve d’empathie envers les personnes avec lesquelles ils ne partagent pas leurs croyances ou leurs opinions, mais il a été prouvé que cette valeur contribue grandement au rétablissement des patients et aux soins de santé.  

La méthodologie Gineste-Marescotti comme philosophie de soins

La méthodologie de soins Gineste-Marescotti, dite Humanitude, est une philosophie de soins pour les personnes âgées ou souffrant de maladies telles que la maladie d’Alzheimer. Cette philosophie met l’accent sur le traitement des personnes avec respect et humanité, basé sur trois piliers relationnels: le regard, la parole et le toucher, et un pilier identitaire, la verticalité. L’Humanitude dispose de 150 nouvelles techniques à mettre en œuvre au quotidien et dans les situations les plus difficiles avec les patients, un véritable accompagnement dans la bientraitance.

La bientraitance est une approche globale des soins qui est appliquée dans les services et établissements de soins afin de déterminer la meilleure façon de soigner et d’accompagner le patient/résident. L’objectif de ce traitement est le bien-être de la personne vulnérable, idéalement en respectant son histoire, sa dignité, son individualité et sa singularité. La bientraitance est le contraire de la maltraitance des personnes âgées et des résidents, ainsi qu’une façon d’être, d’agir et de dire. 

L’objectif de cette approche est :

  • Valoriser l’expression de personnes prises en charge
  • Répondre à leurs besoins et à leurs exigences
  • Respecter leurs droits, leurs choix et leurs refus
  • Initier une réflexion chez les professionnels
  • Améliorer les pratiques

Philosophie des soins

Or, qu’est-ce qu’une philosophie de soins et pourquoi est-il important d’en avoir une ? Une philosophie de soins est un ensemble d’objectifs et de valeurs qui vous aident à prendre les meilleures décisions pour vos enfants et votre famille. Il s’agit, en fait de l’étude de l’éthique, des processus et des personnes qui constituent le maintien de la santé des êtres humains. L’importance de développer une philosophie de soins réside dans le fait d’être prêt à prendre des décisions réfléchies dans les moments de crise, car sans une philosophie pour vous guider, il peut être difficile de prendre des décisions sur le moment ou être obligé de ne pas prendre la meilleure. La définition des objectifs et des valeurs des soins améliorera la communication avec l’équipe soignante, y compris les médecins et les infirmières.

Pourquoi cette philosophie est-elle importante ?

De nombreux parents de personnes âgées ou de personnes souffrant de maladies mentales ne savent pas comment faire face aux obstacles que ce genre de situation entraîne en raison de l’ignorance des maladies ou de l’état de vieillesse lui-même. L’Humanitude a été créée précisément pour améliorer la qualité de vie des patients ou des personnes âgées, mais aussi de leurs familles.

L’Humanitude cherche à sensibiliser les soignants, les membres de la famille et même les communautés, grandes et petites, à la dignité des personnes âgées et au respect que nous devons leur accorder. Après tout, c’est une étape à laquelle la plupart d’entre nous sont destinés en ayant une vie « longue et saine ».

Impacts de l’Humanitude

Cette méthode de soins a gagné en popularité au Japon, pour le traitement des patients atteints de démence.  Récemment, le directeur de la division de la recherche gériatrique du centre médical de Tokyo, Miwako Honda, a indiqué qu’Humanitude se caractérise par « la fourniture de soins de haute qualité, l’amélioration de la relation entre l’utilisateur et le prestataire de soins, en évitant la souffrance des deux ». Elle a souligné que le plus important est de « respecter les personnes âgées, d’éviter leur solitude et le sentiment d’inutilité, en permettant à la personne de vivre où et comme elle le souhaite ».

Au Portugal, la philosophie de l’Humanitude est présentée par l’Institut Ginestre-Marescotti Portugal, qui assure la formation des soignants et qui prévoit à l’avenir d’introduire cette méthode de soins dans les écoles et les collèges. Actuellement, les Instituts Gineste-Marescotti dispensent des formations à l’ensemble des personnels d’établissements implantés en France, dans les DOM, en Suisse, en Belgique, au Canada, au Portugal, en Allemagne, au Japon et maintenant aux USA.

Le site officiel d’Humanitude propose des données intéressantes pour mesurer les progrès et la portée de cette philosophie: 80% moins des troubles de comportement, 7 fois moins de neuroleptiques consommés, diminution de la dénutrition des escarres et des hospitalisations, diminution de l’épuisement professionnel, 200% d’amélioration du bien-être des résidents et des soignants, 8 soignants sur 10 confortés dans leurs compétences. 

Sans aucun doute, cette approche donne des résultats assez réconfortants et positifs dans le monde entier et de plus en plus de soignants sont satisfaits de cette méthode.

Les soins « Humanitude » naît de la gérontologie et de la gériatrie

La gérontologie et la gériatrie sont deux concepts que les gens confondent souvent beaucoup, mais bien qu’ils soient étroitement liés, ils sont différents. La gérontologie, de sa part, est une science qui s’occupe de la vieillesse des êtres humains et de tous les phénomènes caractéristiques de cette période. En bref, la gérontologie étudie comment les êtres humains vieillissent et pourquoi. L’étude de cette science couvre de nombreux aspects: psychologique, social, économique et même culturel. Alors que la gériatrie traite de domaines plus spécifiques au sein de la vieillesse, elle se concentre spécifiquement sur tous les facteurs qui peuvent contribuer à améliorer la santé, tant physique que mentale, des personnes âgées, en plus d’aborder et de résoudre tous les problèmes causés par la vieillesse.

Comme on peut le voir, l’un de ces domaines concerne l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées, tandis que l’autre traite des besoins mentaux, physiques et sociaux et de la manière dont les institutions y répondent.  

Dans ce contexte, la méthodologie Gineste-Marescotti a été une philosophie révolutionnaire, car il s’agit d’une théorie développée par deux Canadiens qui accordent une grande importance au contact humanisé avec le patient. C’est-à-dire que cette méthodologie met l’accent sur le contact visuel, le toucher physique et la communication verbale, afin de traiter les gens avec respect et humanité. 

Ses créateurs, les Canadiens Yves Gineste et Rossette Marescotti, affirment que leur travail en gériatrie, psychiatrie, médicine et même en pédiatrie ou en chirurgie auprès de patients dans le coma ou nécessitant des soins palliatifs les a amenés à réfléchir sur la manutention et les soins relationnels de ces patients, « où nous utilisons le corps comme médiateur afin que la douceur rapproche le soignant et le soigné dans leur humanitude », dit l’un de ses créateurs. 

Quels sont les piliers de l’Humanitude ?

Cette philosophie est toujours basée sur la considération du patient en tant que personne, qui mérite le respect de son individualité. Le soignant doit s’adapter au patient et doit créer un lien de soutien et d’accompagnement où chacun peut prendre ses propres décisions sans se sentir obligé et encore moins maltraité. 

Nous devons également nous rappeler que cette méthodologie a été créée pour les patients âgés, les patients qui méritent des soins palliatifs et les patients atteints de maladies telles que la maladie d’Alzheimer ou démence sénile. C’est-à-dire des personnes qui peuvent se sentir déplacées ou qui peuvent oublier qui elles sont et ce qu’elles y font.  Pour cette raison l’opérationnalisation de la relation avec le patient doit se faire par le biais de ces 5 étapes consécutives: les pré-préliminaires, les préliminaires, le rebouclage sensoriel, la consolidation émotionnelle et la réunion. 

Les préliminaires permettent d’ouvrir les canaux de communication. On ne peut pas commencer un travail de soins avec un soignant et un patient qui ne se connaissent pas. Cette étape vise donc à annoncer la présence des aidants, à ouvrir les canaux relationnels, à éviter les approches surprises, à respecter la vie privée et l’autonomie. Les préliminaires permettent l’établissement de la relation par l’utilisation des piliers relationnels d’Humanitude (le regard, la parole et le toucher) et l’obtention d’un consentement relationnel par la personne aidée. Si le soin n’est pas consenti, il est reporté.

Le rebouclage sensoriel comprend la prestation de soins, en supposant, le maintien cohérent d’un environnement émotionnel positif entre le soignant et la personne soignée grâce à l’utilisation des piliers d’Humanitude. Le rebouclage émotionnel est une étape de stimulation cognitive et mnésique qui permet de laisser dans la mémoire émotionnelle du patient une impression positive de la relation établie et des soins, facilitant le consentement relationnel et l’acceptation des soins suivants. La réunion est le dernier moment de la relation dans lequel un engagement de soins futurs est obtenu. À cette étape, l’adieu est fait et la nouvelle rencontre est marquée, ce qui évite le sentiment d’abandon.

En ce qui concerne les piliers relationnels d’Humanitude, la relation avec la personne aidée est fondée sur quatre piliers de communication : le regard, la parole, le toucher et la verticalité.

  • Regard : Cette méthodologie apprend aux soignants à « regarder » correctement les patients en utilisant de techniques tels qu’être horizontal, axial, proche et long et avec des caractéristiques affectives.
  • Parole : Cet aspect concerne surtout les résidents/patients qui ne peuvent pas répondre aux questions ou commentaires du soignant, par exemple les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Le soignant doit annoncer chaque acte et le décrire pour éviter de surprendre la personne, afin qu’elle sache à l’avance ce qui va se passer.
  • Toucher : le contact physique entre le soignant et le résident/patient doit être professionnel, mais ne doit pas se réduire à un geste technique et utilitaire. Le contact doit également être progressif, c’est-à-dire qu’on ne doit pas commencer à toucher une personne dans une zone sensible ou intime ; il doit être permanent, car une fois qu’on a commencé, on le maintien et pacifiant, enfin un toucher doux et qui parcourt de grandes parties du corps.
  • Verticalité : Gineste allègue que la philosophie de l’Humanitude préconise un concept appelé « Vivre et mourir debout ». Ce principe stipule qu’une marche d’environ 20 minutes par jour, avec un soutien ou un appui, permet de stimuler les capacités motrices et de retarder la perte d’autonomie et la grabatisation.

Humanitude, une méthodologie qui donne de la dignité

Le vieillissement, une étape dure pour l’homme

De nombreuses maladies font actuellement l’objet de l’attention de nombreux médecins, chercheurs et spécialistes. Du coup c’est tout à fait normal, car au fur et à mesure que l’humanité évolue, les maladies aussi, certaines sont éradiquées et d’autres naissent. Quoi qu’il en soit, l’objectif principal de ce texte-là est de parler d’une étape de la vie des êtres humains qui mérite également l’attention et les efforts des spécialistes du sujet, même s’il ne s’agit pas d’une maladie : le vieillissement.

Nous devons garder à l’esprit que le vieillissement est un processus absolument naturel et inévitable que les êtres humains traversent. Ainsi, si nous parlons d’un processus normal et naturel, la chose la plus logique à faire est que nous comprenions tous l’état de la vieillesse. Mais derrière cette normalité se cache une réalité choquante, à savoir que, bien souvent, les soignants et les parents de personnes âgées peuvent éprouver certaines frustrations ou certains malaises causés par les personnes âgées, en raison de l’incompréhension. En outre, sur un plan réel, la vieillesse n’est pas une étape qui est généralement associée à quoi que ce soit de positif, car elle est généralement associée à la maladie, au handicap, à la solitude et même à un fardeau. 

Mais heureusement, il y a des êtres humains qui réfléchissent à ces comportements toxiques de l’homme et décident du coup d’apporter des solutions réelles et efficaces pour améliorer notre propre qualité de vie, parce qu’au bout du compte, il s’agit de conditionner notre avenir possible, car dans le cas d’une longue vie, nous pouvons être sûrs de faire partie de ce groupe de seniors fréquemment négligés et abandonnés.

Méthodologie de soin Gineste-Marescotti

En 1995, deux anciens professeurs d’éducation physique et sportive, Yves Gineste et Rosette Marescotti, ont créé une méthode qui a révolutionné le monde de la gériatrie, puisqu’il s’agit d’une méthode qui propose une approche différente des soins dispensés aux personnes fragilisées. On parle de la Méthodologie de soin Gineste-Marescotti, dite Humanitude. De quoi s’agit-il ? L’Humanitude est un concept qui vise à prendre soin des « hommes vieux » en humanitude, c’est-à-dire dans le respect de leurs particularités d’humains.

Ce concept est né de la nécessité de rendre la vie digne non seulement aux personnes âgées, mais aussi à celles qui ont besoin de soins palliatifs. Il s’agit essentiellement d’une technique développée à la fois pour les soignants et pour les membres de la famille des patients atteints de maladies qui vous rendent dépendants d’une autre personne. En effet, Gineste et Marescotti mettent en pratique cette méthodologie depuis des années dans différents centres de soins et ont démontré son efficacité auprès des personnes âgées les plus dépendantes, notamment celles souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Aujourd’hui, Humanitude fait partie du cadre de la formation des soignants des institutions socio-médicales, et plus particulièrement de l’Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) dans le but de sensibiliser les soignants au respect de l’humanité des patients et résidents. Il s’agit essentiellement d’une méthodologie qui met en évidence et donne beaucoup d’importance à la relation entre le soignant et le patient ou la personne âgée.

Le rôle des soignants

De nombreux soignants qui travaillent dans ces établissements de soins pour personnes âgées ou de soins palliatifs sont souvent confrontés à des situations difficiles de gérer telles que des cris, des maltraites, des insultes, des griffures, ou de la colère parce qu’ils ont affaire quotidiennement à des personnes atteintes de démence ou de problèmes mentaux. Bien sûr, les soignants perçoivent généralement ces gestes comme « d’attaques » mais au fond, ce sont des gestes défensifs, car les personnes atteintes de démence sont décalées dans le temps et dans l’espace, elles ne savent pas qui elles sont ni ce qu’elles y font et cela provoque évidemment une attitude défensive. Du coup, leur attitude n’est qu’une réponse à la mauvaise interprétation de la situation.

C’est pourquoi la Méthodologie de soin Gineste-Marescotti s’adresse tout particulièrement aux soignants, afin que ceux-ci, par le biais d’une stimulation sensorielle positive, permettent à la personne de « vivre debout » et d’avoir toutes ses possibilités de vivre en relation avec les autres.

Cette méthodologie permet d’opérationnaliser la relation avec le patient par le biais de la Séquence Structurée de Procédures de soins d’Humanitude, composé de 5 étapes consécutives et dynamique : les pré-préliminaires, les préliminaires, le rebouclage sensoriel, la consolidation émotionnelle et la réunion. 

Pour sa part, l’établissement de la relation se fera à travers les piliers de l’Humanitude : le regard, la parole, le toucher et la verticalité.